Sentir une odeur inexistante : comprendre les causes et les symptômes associés

Sentir une odeur inexistante : comprendre les causes et les symptômes associés

En bref :

  • Phantosmie = sensation d’une odeur sans source réelle ; peut se produire après infection, traumatisme ou sans cause identifiée.
  • En France, environ 1 personne sur 10 présente un déficit olfactif (hyposmie ou anosmie) ; 25% des plus de 60 ans sont concernés.
  • Les causes neurologiques (traumatisme, tumeur, maladies neurodégénératives) rendent parfois les troubles irréversibles.
  • Le diagnostic associe examen ORL, imagerie et olfactométrie ; la rééducation olfactive est une option clé des traitements.
  • Les conséquences sur la qualité de vie incluent risques de sécurité, altération du goût et retentissement psychologique.

Sentir une odeur inexistante : phantosmie, parosmie et perception olfactive altérée

Claire, 38 ans, a perdu temporairement l’odorat après un épisode de Covid puis a commencé à percevoir des senteurs de fumée de façon récurrente, sans source. Son cas illustre la différence entre phantosmie (hallucination olfactive) et parosmie (déformation des odeurs). Ces perturbations relèvent des troubles de l’odorat qui affectent la perception olfactive et l’olfaction au quotidien.

  • Phantosmie : odeur ressentie sans stimulus externe.
  • Parosmie : odeurs réelles perçues de façon déformée.
  • Hyposmie / Anosmie : diminution partielle ou perte totale de l’odorat.
Phénomène Mécanisme intérimaire Réversibilité
Phantosmie Hyperactivité neuronale ou récupération maladaptive après lésion épithéliale Variable ; parfois réversible avec rééducation ou traitement
Parosmie Réarrangement des circuits olfactifs après infection ou traumatisme Souvent partiellement réversible
Anosmie Perte de neurones sensoriels ou obstruction nasale Parfois réversible si origine traitable

Les causes vont d’une rhinite virale à une lésion du bulbe olfactif. Après l’épisode aigu, la perception olfactive peut être altérée par une inflammation, une dégénérescence neuronale ou une dérégulation centrale. Comprendre ce mécanisme oriente le diagnostic et les traitements.

Insight : reconnaître la nature de l’odeur ressentie (continue, intermittente, liée à un déclencheur) est la première étape pour orienter les investigations.

Symptômes et retentissements : comment les troubles de l’odorat altèrent la qualité de vie

La perte ou la déformation de l’odorat bouleverse bien plus que la capacité à détecter une odeur. Les patients décrivent une modification du goût, une perte du plaisir alimentaire et une vulnérabilité aux dangers domestiques. Ces symptômes ont un impact concret sur la vie sociale et psychologique, pouvant mener à anxiété ou dépression.

  • Perte d’appétit et perte de plaisir gustatif.
  • Impossibilité de détecter fumée, gaz, aliments avariés.
  • Effet émotionnel : perte de souvenirs odorants (effet « Proust »).
Symptôme Conséquence pratique Mesure de réduction du risque
Anosmie Perte totale de détection olfactive Détecteurs de fumée/gaz, surveillance alimentaire
Parosmie Détérioration du goût, évitement alimentaire Rééducation olfactive, conseils nutritionnels
Phantosmie Détresse psychologique et isolement Soutien psychologique, prise en charge ORL

Insight : au-delà du symptôme lui-même, c’est la perte de repères sensoriels et la sécurité qui expliquent le caractère handicapant des troubles olfactifs.

Diagnostic d’une odeur inexistante : examens pour identifier la cause d’une perception olfactive anormale

Face à une plainte de phantosmie ou d’altération de l’odorat, le parcours diagnostique commence par un examen ORL ciblé. Le praticien recherche des signes de nez bouché, polypes, ou séquelles d’infection. Ensuite, des examens d’imagerie et des tests d’olfactométrie affinent le diagnostic.

  • Interrogatoire précis : durée, nature de l’odeur, facteurs déclenchants.
  • Examen endoscopique (fibroscopie nasale) pour visualiser les fosses nasales.
  • Imagerie (scanner/IRM) si suspicion de lésion intracrânienne ou tumeur.
Examen But Apport clinique
Olfactométrie Quantifier la capacité à détecter et identifier des odeurs Permet de suivre l’évolution et d’objectiver le trouble
Fibroscopie Rechercher polypes, inflammation, anomalies anatomiques Oriente vers un traitement local ou chirurgical
IRM cérébrale Détecter tumeurs, atteintes bulbaire ou causes neurologiques Indiqué si symptômes neurologiques associés

Insight : un bilan structuré permet de distinguer une atteinte réversible (ex. sinusite) d’une atteinte potentiellement permanente liée à des causes neurologiques.

Traitements et rééducation : comment retrouver ou améliorer l’olfaction après une hallucination olfactive

Le traitement dépend de la cause identifiée. Pour des troubles liés au nez (polypes, sinusite), médicaments et chirurgie offrent souvent une réelle amélioration. Après une infection virale comme le Covid-19, la plupart récupèrent spontanément, mais la rééducation olfactive accélère et améliore la récupération.

  • Traitement local : corticoïdes intranasaux, chirurgie des sinus si nécessaire.
  • Rééducation olfactive : entraînement régulier avec quatre odeurs ciblées (rose, menthe, citron, clou de girofle).
  • Prise en charge des conséquences : soutien nutritionnel et psychologique.
Approche Quand l’utiliser Probabilité d’amélioration
Médicaments (corticoïdes) Polypose, rhinite chronique Bonne si traitement prolongé
Chirurgie Obstruction mécanique (polypes) Jusqu’à 50% d’amélioration dans certains cas
Rééducation olfactive Phantosmie, parosmie, hyposmie post-infectieuse Amélioration significative chez de nombreux patients
Approches neurologiques Traumatisme crânien, maladies neurodégénératives Souvent limitée ; recherche en 2021–2025 en cours

Insight : la combinaison d’un traitement étiologique et d’une rééducation olfactive apporte le meilleur espoir de récupération et d’amélioration de la qualité de vie.

Vivre avec les hallucinations olfactives : conseils pratiques pour protéger la sécurité et préserver la vie sociale

Claire a adopté des stratégies concrètes : elle a installé des détecteurs de fumée et de gaz, enrichi ses plats en épices pour retrouver du plaisir, et rejoint un groupe de patients. Ces adaptations réduisent l’impact pratique et psychologique des troubles de l’odorat.

  • Installer des détecteurs et étiqueter les aliments périssables.
  • Renforcer les arômes en cuisine (épices, herbes, condiments) pour compenser la perte.
  • Consulter un professionnel de santé mentale si l’anxiété ou la dépression apparaît.
Adaptation Objectif Exemple concret
Détecteurs Sécurité domestique Détecteur de fumée et de fuite de gaz connectés
Nutrition Préserver l’appétit Ajouter sauces, textures, goûts umami
Soutien psychologique Réduire isolement et détresse Thérapie, groupes de patients

Insight : des mesures simples et un accompagnement adapté permettent de limiter l’impact des hallucinations olfactives et d’améliorer durablement la qualité de vie.

Qu’est-ce que la phantosmie et comment la distinguer d’une parosmie ?

La phantosmie est la perception d’une odeur en l’absence de toute source réelle (hallucination olfactive). La parosmie, elle, correspond à une déformation d’une odeur existante. L’interrogatoire clinique permet généralement de distinguer les deux, et l’ORL recherchera des causes locales ou neurologiques.

Un épisode d’anosmie lié au Covid-19 est-il définitivement perdu ?

La majorité des patients récupèrent spontanément leur odorat ; environ 80% retrouvent une partie ou la totalité de leurs capacités dans les semaines qui suivent, mais certains cas mettent plus de temps. La rééducation olfactive est recommandée si la récupération tarde.

Quels examens sont nécessaires en cas d’odeurs imaginaires persistantes ?

Après un examen ORL et une fibroscopie nasale, des tests d’olfactométrie objectivent le déficit. En cas de signes neurologiques ou d’absence d’anomalies nasales, une imagerie (IRM) est souvent demandée pour explorer des causes neurologiques.

La rééducation olfactive fonctionne-t-elle vraiment ?

Oui : l’entraînement olfactif, réalisé régulièrement avec des huiles ou senteurs ciblées (rose, menthe, citron, clou de girofle), améliore la récupération chez de nombreux patients, en particulier après infection virale.